Douze mois. C’est le délai, ni plus ni moins, pour que chaque imperfection, anomalie ou défaut relevé sur un chantier soit réparé sans frais supplémentaires pour le propriétaire. On l’appelle garantie de parfait achèvement, et elle ne laisse place à aucun flou : pendant un an après la réception des travaux, l’entrepreneur doit remettre l’ouvrage en état, quoi qu’il arrive.
Quels désordres sont couverts par la garantie de parfait achèvement ?
Ce dispositif appartient au socle juridique qui protège tous ceux qui font construire ou rénover. À partir du jour où la réception des travaux est prononcée, un compte à rebours s’enclenche : douze mois, rien de moins, pour signaler tout défaut. Ce délai protège sans hiérarchie, quelle que soit la gravité ou l’origine du problème. Quelques exemples parlent d’eux-mêmes :
- Des défauts passés sous silence à la réception, mais qui se révèlent dans l’année suivant la remise des clés ;
- Des non-conformités, qu’il s’agisse d’un écart par rapport aux plans ou d’un matériau de moindre qualité installé par erreur ;
- Un souci d’isolation phonique, peut-être révélé par les bruits du voisinage après quelques semaines dans les lieux.
En revanche, les dégâts liés à l’usure ordinaire ou à la vie quotidienne ne sont pas concernés. S’il manque une déclaration lors de la réception et que le désordre était visible à ce moment, la réparation ne sera pas assurée par ce biais.
Qui paie la garantie de parfait achèvement ?
La reprise des désordres intervient à la charge de l’entreprise qui s’est occupée des travaux en question. L’entrepreneur, parfois désigné locateur d’ouvrage, doit tout prendre en main, sans demander un centime de plus au client. L’obligation est d’ordre public, gravée dans la loi, et nul contrat ne saurait y déroger.
Lorsque le chantier mobilise plusieurs entreprises, chacune répond de ses propres interventions. À une condition : que le client signale le désordre dans l’année suivant la réception, et pas après.
Cette garantie protège exclusivement le maître d’ouvrage, qui se voit offrir une précaution supplémentaire. Elle complète d’autres mécanismes, par exemple la garantie décennale, et vise des défauts qui pourraient lui échapper.
Pour la déclencher, tout repose sur la réactivité : sitôt le défaut constaté, il faut notifier l’entreprise ou le maître d’œuvre avec une lettre recommandée, accusé de réception en main. L’entreprise a huit jours pour répondre. Ensuite viennent les échanges sur ce qu’il y a à réparer et sur le délai pour le faire. À chaque étape, mieux vaut conserver une trace écrite.
Quelles obligations pour le maître d’ouvrage concernant la garantie de parfait achèvement ?
Le propriétaire ou toute personne ayant commandé les travaux endosse un vrai rôle : il doit signaler par écrit tous les désordres, au plus tard un an après la réception, et garder la preuve de son envoi, typiquement par courrier recommandé.
Après la demande, il doit laisser l’accès à l’entreprise, pour permettre une reprise correcte. Toujours la même logique : bloquer la venue sans raison valable, c’est prendre le risque de tout bloquer.
Dans l’idéal, tous les éléments utiles sont à réunir : échanges, photos, rapports éventuels, tout peut aider lors d’un désaccord sur la nature ou la gravité des travaux à reprendre.
Demander l’avis d’un expert indépendant n’est pas superflu, notamment quand le défaut semble complexe ou que l’entreprise conteste sa responsabilité.
Si aucune solution amiable n’aboutit, la justice peut entrer en scène. Parfois, le contrat prévoit un arbitrage en préalable, selon la clause compromissoire.
Faire valoir la garantie de parfait achèvement en cas de désordres : mode d’emploi
Face à un défaut découvert après les travaux, agir vite reste le mot d’ordre. Il s’agit de notifier à l’entreprise ou au constructeur, par écrit, la nature du problème et de l’appuyer avec des éléments concrets : photos, constats, échanges documentés.
Donner à l’entreprise un temps raisonnable pour intervenir facilite souvent les choses. Mais si la réactivité n’est pas au rendez-vous, solliciter un expert indépendant est très utile : il dressera un constat précis qui renforcera la démarche.
À cette étape, l’entreprise doit se positionner : si rien ne bouge, le recours au tribunal reste possible pour faire valoir ses droits. Mais sans un dossier solide, la démarche perd de sa force.
Mener cette bataille demande parfois du temps et de la détermination, mais chaque étape compte. Un chantier livré, ce n’est pas qu’une date officielle, c’est le droit d’obtenir ce pour quoi on s’est engagé, jusqu’au dernier jour du délai légal.

