La loi distingue rigoureusement les réparations locatives de l’entretien relevant du propriétaire. Pourtant, la purge des radiateurs échappe souvent à une répartition aussi nette. Certains baux précisent la charge de cette opération, d’autres l’ignorent totalement.
Des syndics exigent parfois des locataires qu’ils s’en occupent, alors que des propriétaires considèrent cette tâche comme leur prérogative. La confusion persiste, alimentée par des pratiques disparates et des interprétations variables des textes officiels.
À qui revient la responsabilité de la purge des radiateurs ?
La question revient régulièrement : qui, du locataire ou du propriétaire, doit se charger de la purge des radiateurs ? Si l’on se penche sur les textes, la réponse ne laisse guère de place au doute. Cette opération d’entretien courant incombe au locataire. Comme pour le nettoyage des filtres de VMC ou le remplacement des joints, la purge des radiateurs fait partie de ces gestes d’entretien attendus dès la prise de possession du logement. L’idée est limpide : le locataire assure le fonctionnement quotidien des équipements, sans intervenir sur la structure de l’installation.
Dans le cas d’un chauffage individuel, la responsabilité est entière : c’est au locataire d’effectuer la purge régulièrement pour garantir le confort thermique, limiter la consommation d’énergie et prévenir les dysfonctionnements. Pour un chauffage collectif, la logique ne change pas côté radiateurs : chaque résident veille à l’entretien des siens. En revanche, la gestion de la chaudière centrale relève du syndic de copropriété ou du propriétaire, généralement via un contrat d’entretien.
Néanmoins, il existe une limite claire : le propriétaire intervient dès qu’il s’agit de réparations importantes ou de remplacement d’un équipement défectueux. Si une fuite ou un souci technique survient après une purge, il faut avertir le propriétaire sans tarder. À noter, certaines copropriétés incluent la purge des radiateurs dans un contrat d’entretien collectif souscrit par le syndic, avec intervention d’un professionnel. Il importe donc de vérifier ce que prévoit le règlement de l’immeuble.
Pour clarifier la répartition des rôles, voici un rappel synthétique :
- Locataire : responsable de l’entretien courant, y compris la purge des radiateurs.
- Propriétaire : prend en charge les réparations importantes et le renouvellement du matériel.
- Syndic : gère la chaudière collective et peut organiser, selon le règlement, des interventions globales en copropriété.
Ce que dit la loi : obligations du locataire et du propriétaire
Le volet légal ne laisse guère de place au flou. Le décret n°87-712 du 26 août 1987 détaille précisément les réparations et l’entretien à la charge du locataire, et mentionne sans ambiguïté la purge des radiateurs parmi les opérations à effectuer régulièrement. L’objectif est clair : le locataire doit veiller au bon fonctionnement du chauffage et intervenir pour préserver les performances de l’installation.
De son côté, l’article 6 de la loi du 6 juillet 1989 oblige le propriétaire à fournir un logement en bon état, avec un système de chauffage opérationnel. Si le matériel est vétuste, non conforme ou présente un défaut structurel, la responsabilité du bailleur est engagée. Lorsqu’une panne ou une fuite survient après une purge correctement réalisée, c’est au propriétaire d’assumer la réparation, tant sur le plan technique que financier.
Le contrat de bail précise parfois la répartition des tâches, mais il ne peut pas s’écarter des principes posés par la loi. Si le locataire fait défaut à ses obligations (pas d’entretien, radiateurs non purgés entraînant des dommages), le propriétaire peut retenir une partie du dépôt de garantie.
Pour mieux comprendre le partage des responsabilités, synthétisons :
- Locataire : entretien courant, y compris la purge des radiateurs.
- Propriétaire : réparation, remplacement des équipements défectueux.
- Le décret n°87-712 demeure la référence en cas de désaccord.
Un point mérite attention : si un sinistre découle d’un défaut d’entretien, l’assurance habitation peut être sollicitée et exiger des preuves d’intervention. Pensez à conserver factures ou échanges de mails avec le propriétaire, cela sécurise toute éventuelle discussion.
Reconnaître les signes d’un radiateur à purger et éviter les erreurs courantes
Un radiateur qui a besoin d’être purgé se manifeste sans détour. L’air qui s’accumule dans le circuit provoque des bruits spécifiques : gargouillis, sifflements, parfois des claquements dès la mise en route. Si le haut du radiateur reste froid alors que la partie basse chauffe, c’est le signe que de l’air empêche l’eau de circuler efficacement. Résultat : la chaleur se répartit mal, la consommation grimpe et le confort s’effrite.
Autre symptôme : une perte de rendement du chauffage. Lorsqu’une chaudière fonctionne correctement mais que certains radiateurs restent tièdes, mieux vaut suspecter la présence d’air. Un détail à surveiller : si l’eau qui s’écoule lors de la purge est trouble ou colorée, cela signale parfois la nécessité d’un désembouage, signe qu’un simple entretien ne suffit plus pour assurer la durabilité de l’installation.
Malgré sa simplicité, la purge donne lieu à des erreurs qui reviennent souvent. Voici les plus fréquentes :
- effectuer la purge alors que la chaudière tourne encore ;
- oublier de contrôler la pression du circuit après l’opération ;
- forcer sur la vis de purge, au risque de l’abîmer.
Avant de commencer, il vaut toujours mieux consulter le mode d’emploi du radiateur ou du système de chauffage. Si la situation se complique, fuite persistante ou radiateur qui ne chauffe plus du tout après la purge, il convient de prévenir rapidement le propriétaire ou de faire appel à un professionnel. Une purge mal faite peut masquer un problème de fond, cette fois du ressort du propriétaire.
Guide pas à pas pour une purge efficace en toute sécurité
Préparez le matériel et sécurisez l’intervention
Avant toute manipulation, coupez la chaudière ou le chauffage et laissez les radiateurs refroidir. Prévoyez une clé de purge (ou un tournevis approprié), un récipient pour récupérer l’eau, et éventuellement une paire de gants pour vous protéger de l’eau chaude qui pourrait subsister. Cette préparation limite les risques de projection et protège la plomberie.
Procédez méthodiquement à la purge
Démarrez par le radiateur le plus proche de la chaudière. Placez le récipient sous la vis de purge, puis ouvrez-la doucement. L’air s’échappe d’abord, puis un filet d’eau suit. Dès que l’eau coule de façon régulière, refermez la vis sans excès. Reprenez l’opération sur l’ensemble des radiateurs. Une purge annuelle, de préférence avant l’automne, permet de maintenir la performance du chauffage.
Après la purge, certains points doivent être systématiquement vérifiés :
- Contrôlez la pression du circuit : pour un système domestique standard, elle doit se situer entre 1 et 1,5 bar.
- En cas de pression trop basse ou de défaut affiché par la chaudière, ajustez selon les recommandations du fabricant.
Ce geste d’entretien, répété régulièrement, aide à prolonger la vie du système de chauffage, réduit le risque de pannes et contribue à limiter la consommation d’énergie. Si jamais un radiateur persiste à mal fonctionner, il vaut mieux solliciter un chauffagiste : mieux vaut une intervention ciblée que de voir un simple entretien tourner au casse-tête technique.
Un radiateur bien entretenu, c’est un hiver tranquille. À chacun d’y veiller, pour que la chaleur circule sans fausse note, ni discorde entre locataires et propriétaires.


